Vétérinaire ostéopathe n’est pas ostéopathe animalier…
Pourquoi privilégier un vétérinaire ostéopathe ?
Lorsqu’un animal présente une douleur, une raideur, une boiterie, une difficulté à se déplacer ou une modification de son comportement, il peut être tentant de penser immédiatement à un problème « ostéopathique ».
Pourtant, avant de se demander comment manipuler un animal, il faut d’abord se demander pourquoi il présente ces symptômes.
C’est là que la différence entre un vétérinaire ostéopathe et un ostéopathe animalier prend toute son importance.
L’ostéopathie ne peut pas tout expliquer
Une consultation demandée pour un problème ostéopathique ne signifie pas nécessairement que le problème est réellement ostéopathique.
Une douleur ou une restriction de mobilité peut être la conséquence d’un simple trouble fonctionnel, mais elle peut aussi être liée à une affection orthopédique, neurologique, inflammatoire, infectieuse, dégénérative ou tumorale.
Dans la pratique, une proportion importante des animaux présentés initialement pour une consultation d’ostéopathie présentent en réalité un problème qui nécessite avant tout une démarche médicale. On estime ainsi qu’environ un tiers des consultations d’ostéopathie pourraient finalement relever d’une autre prise en charge.
Cela souligne une réalité essentielle : savoir manipuler ne suffit pas. Il faut d’abord savoir reconnaître ce qui ne doit pas être manipulé.
Le vétérinaire ostéopathe : une double compétence
Le principal intérêt de faire appel à un vétérinaire ostéopathe réside précisément dans cette double compétence.
Le vétérinaire possède une formation médicale qui lui permet d’aborder l’animal dans sa globalité : examen clinique, examen neurologique, orthopédique, connaissance des pathologies, interprétation des examens complémentaires et évaluation des éventuels facteurs de risque.
Lorsqu’il possède en plus une formation spécifique en ostéopathie, il peut intégrer les techniques ostéopathiques dans ce raisonnement médical.
Autrement dit, il ne considère pas systématiquement qu’une douleur est une « dysfonction » à corriger.
Il peut aussi conclure :
« Ce problème ne relève pas de l’ostéopathie. »
Et cette capacité à poser cette limite est fondamentale pour la sécurité de l’animal.
Certaines situations imposent de ne pas manipuler
Il existe en effet des situations dans lesquelles une manipulation vertébrale ou musculo-squelettique peut être inappropriée, voire présenter un risque.
C’est notamment le cas des hernies discales. Une douleur dorsale, une faiblesse des membres, une modification de la démarche ou des troubles neurologiques peuvent être les manifestations d’une atteinte discale avec compression des structures nerveuses.
Dans ce contexte, la priorité est de déterminer la nature et la gravité de l’atteinte et de mettre en place le traitement approprié. Une manipulation ne doit jamais se substituer à un diagnostic vétérinaire.
Les processus tumoraux constituent également une situation dans laquelle les manipulations sont contre-indiquées ou doivent être évitées selon la localisation et la nature de la lésion. Une structure atteinte par une tumeur ne peut pas être considérée comme une simple structure « bloquée » qu’il suffirait de mobiliser. Pire encore, les techniques manuelles peuvent modifier localement les flux sanguins et lymphatiques ainsi que la perfusion des tissus, agravant de ce fait la situation.
Il en va de même pour de nombreuses autres situations : fracture ou suspicion de fracture, inflammation aiguë, infection, instabilité articulaire, atteinte neurologique, douleur inexpliquée ou maladie systémique.
Dans toutes ces situations, le problème n’est plus simplement de rechercher une restriction de mobilité : il faut rechercher et traiter sa cause.
Le risque du raisonnement « tout est ostéopathique »
L’un des principaux dangers d’une approche exclusivement ostéopathique est de chercher à expliquer chaque symptôme par une dysfonction mécanique.
Or, un animal ne peut pas nous expliquer ce qu’il ressent.
Une boiterie peut cacher une lésion ligamentaire.
Une douleur dorsale peut révéler une hernie discale.
Une raideur peut être liée à une maladie articulaire.
Une modification de comportement peut être l’expression d’une douleur chronique.
Une masse ou une douleur localisée peut être liée à un processus tumoral.
Dans ces situations, le risque n’est pas seulement de réaliser une séance inutile.
Le véritable risque est de retarder le diagnostic d’une maladie et donc la mise en place du traitement approprié.
Pourquoi choisir un vétérinaire ostéopathe ?
Choisir un vétérinaire ostéopathe, ce n’est donc pas considérer que l’ostéopathie est supérieure à la médecine vétérinaire.
C’est au contraire choisir un professionnel qui peut intégrer l’ostéopathie dans une démarche médicale globale.
Le vétérinaire ostéopathe peut déterminer si l’animal est réellement candidat à une prise en charge ostéopathique, rechercher les signes d’alerte, poser les hypothèses diagnostiques pertinentes et, si nécessaire, proposer des examens complémentaires ou orienter vers un confrère spécialisé.
L’ostéopathie devient alors un outil thérapeutique parmi d’autres, utilisé lorsque son indication est pertinente.
La question essentielle n’est pas « qui sait manipuler ? »
La question essentielle devrait être :
« Qui est capable de reconnaître quand il ne faut surtout pas manipuler ? »
C’est probablement l’une des différences les plus importantes entre un vétérinaire ostéopathe et un ostéopathe animalier.
Un vétérinaire ostéopathe ne se contente pas de rechercher ce qui peut être corrigé par une manipulation.
Il commence par rechercher ce qui pourrait rendre cette manipulation inappropriée.
Parce qu’en médecine, la compétence ne consiste pas seulement à savoir quoi faire. Elle consiste aussi à savoir quand ne pas le faire.
Et lorsqu’un animal présente une douleur ou une dysfonction dont l’origine n’est pas clairement établie, cette capacité de discernement peut faire toute la différence.
Où trouver un vétérinaire formé à l’ostéopathie ?
Hé bien c’est très simple, sur ce lien : Carte des vétérinaires ostéopathe en Belgique